Le Collectif pour le droit à la scolarisation profite de la campagne électorale 2026 pour sonder les différents partis sur leurs engagements visant à améliorer les conditions de scolarisation des élèves en situation de handicap ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (HDAA) et à faire en sorte que chaque enfant, au Québec, puisse profiter pleinement de son droit à l'éducation.
La lettre envoyée à tous les partis politiques autorisés qui participent à l’élection générale du 5 octobre se trouve ici.
Les réponses seront partagées au fur et à mesure de leur réception.
Questions pour les partis:
- Votre parti reconnaît-il la dégradation actuelle des conditions de scolarisation des élèves HDAA et, plus spécifiquement, l'augmentation des cas de déscolarisation et de scolarisation à temps partiel?
- Quels moyens votre parti mettra-t-il en oeuvre pour améliorer la situation et viser à ce que chaque enfant puisse profiter pleinement de son droit à l'éducation?
- Quels moyens votre parti mettra-t-il en oeuvre pour qu’il soit possible de suivre adéquatement l’évolution de l'enjeu des bris de scolarisation au fil du temps?
Réponses reçues
Parti libéral du Québec (23 septembre)
- Le Parti libéral du Québec reconnaît la dégradation des conditions de scolarisation vécues par plusieurs élèves HDAA. La hausse du nombre de bris de scolarisation est préoccupante, tout comme les situations où des élèves se retrouvent scolarisés à temps partiel faute de ressources suffisantes pour répondre adéquatement à leurs besoins.
- Pour nous, le principe est clair. Il est du devoir de l’État de garantir à chaque enfant l’accès à l’éducation et de veiller à ce que le manque de ressources dans le réseau ne le prive jamais de ce droit. C’est notamment pourquoi nous avons annoncé l’ajout de 1 000 ressources spécialisées supplémentaires dans les écoles publiques à compter de 2027-2028. Cet engagement prévoit 400 postes professionnels, notamment en orthopédagogie, psychoéducation, psychologie et orthophonie, ainsi que 600 techniciennes et techniciens en éducation spécialisée. Notre objectif est d’intervenir plus rapidement auprès des élèves, avant que les difficultés s’accumulent, tout en donnant davantage de soutien aux enseignants et aux équipes-écoles. Nous voulons également aller plus loin. Dans les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral, nous lancerons des États généraux indépendants sur l’éducation. L’inclusion des élèves, l’accès aux services, l’allocation des ressources et les écarts entre les établissements et les territoires feront partie des enjeux qui devront être examinés. Cette réflexion devra réunir l’ensemble des personnes directement concernées, notamment les parents, les enseignants, les professionnels, le personnel de soutien, les directions, les organismes et les autres partenaires du réseau. Notre approche repose ainsi sur deux volets complémentaires. Nous voulons agir dès maintenant en ajoutant des ressources directement dans les écoles, tout en menant une réflexion de fond sur les conditions nécessaires pour que chaque enfant puisse véritablement bénéficier de son droit à l’éducation.
- Votre préoccupation concernant les données est également tout à fait légitime. On ne peut pas corriger un problème dont on ne connaît pas précisément l’ampleur. Le portrait actuel doit être amélioré afin de mieux comprendre non seulement les déscolarisations prolongées, mais également les différentes formes de scolarisation à temps partiel et d’interruption de services. L’accès aux données, la reddition de comptes et l’évaluation des politiques publiques font d’ailleurs partie des enjeux que nous voulons placer au cœur de notre réflexion sur la gouvernance scolaire. Nous croyons donc nécessaire de mieux documenter cette réalité et d’en suivre l’évolution dans le temps, afin que les décisions prises puissent être évaluées à partir de données fiables et transparentes.
Parti conservateur du Québec (19 septembre)
Du fait que nous avons une petite équipe et que nous avons reçu plusieurs dizaines de questionnaires comme le vôtre, nous avons dû faire le choix de ne pas donner suite à ces demandes.
Parti marxiste-léniniste du Québec (14 septembre)
- Oui, le PMLQ reconnaît la dégradation des conditions de scolarisation des élèves HDAA, de même que la hausse effarante du nombre de cas de déscolarisation et de scolarisation à temps partiel. C'est une honte nationale. Il appuie sans équivoque la lutte des travailleurs de l’éducation pour que la société réponde à leurs besoins. Ce qu'on appelle éducation publique a été démantelée brique par brique, plus particulièrement depuis 30 ans, et aujourd'hui il est détruit, tout comme la santé publique et les services sociaux. Rappelons qu'au milieu des années 90, l'offensive antisociale a fait rage au Québec, comme dans le reste du monde, et s'est illustrée par les coupures récurrentes d'un milliard de dollars imposées dans ce réseau au nom du « déficit zéro », c'est-à-dire remettre des sommes gigantesques à des mains privées. C'était sous la gouverne du Parti québécois, alors dirigé par Lucien Bouchard. Depuis, tous les gouvernements successifs ont poursuivi dans la même veine, c'est-à-dire considérer que l'éducation est une dépense, et non pas un investissement. Selon les organisations syndicales de ce secteur, ce milliard retiré en 1998, s'il avait été maintenu et indexé à l'inflation chaque année, représente un manque à gagner historique cumulé de plus de 30 milliards de dollars sur près de 30 ans pour le réseau de l'éducation. C'est à cette même époque, et dans les années suivantes, que l'État québécois a commencé à fermer les classes spécialisées pour les élèves HDAA, pour intégrer leurs élèves dans les classes dites régulières, contre l'avis des travailleurs de l'éducation et des familles. Depuis, la crise ne fait que s'intensifier avec la désertion de la profession et le décrochage scolaire. Ceux et celles qui occupent des positions de pouvoir et de privilège et qui décident de détruire, au nom de fonds non disponibles ou qu'ils ont eu un « mandat », les conditions de scolarisation des élèves HDAA ne sont pas aptes à gouverner. Ce qui est absent, ce sont les mécanismes pour les rendre redevables et révocables, pour ne nommer que ceux-là.
- Le PMLQ affirme tout d'abord que l'éducation est un droit humain fondamental qui est nié aujourd'hui. Toutes les mesures d'austérité et la privatisation de l'éducation à tous les niveaux sont en opposition à ce droit et à son affirmation. Le PMLQ lutte pour des investissements massifs en éducation, pour le financement des services dont le peuple a besoin pour son bien-être dans tous les domaines, à la hauteur de ses demandes, dont celles en éducation. Il s'oppose à toutes ces mesures antisociales et appelle à une nouvelle direction de l’économie et à arrêter de payer les riches. [...] Le PMLQ considère que ceux et celles qui prennent leur responsabilité sociale envers la jeunesse et son éducation aient le dernier mot quant aux conditions de travail et d'enseignement devant être offertes à la jeune génération. Cela signifie aussi être décisionnels quant à l'investissement humain et financier nécessaire pour répondre aux multiples besoins de la jeunesse étudiante du Québec. Le PMLQ appuie les luttes des enseignants et de leurs alliés des maisons d'éducation qui exigent une diminution du ratio élèves/enseignant, une composition des groupes tenant compte des difficultés des élèves et des ressources humaines selon les besoins (orthopédagogues, orthophonistes, psychoéducateurs, éducateurs, travailleurs sociaux, infirmières, etc.) Pourquoi ne pourraient-ils pas choisir la ministre de l'Éducation, le meilleur d'entre eux ? Cet élu devrait directement rendre des comptes aux personnes oeuvrant dans les maisons d'éducation, ainsi qu'aux familles. Le processus politique actuel est totalement désuet et doit être profondément transformé pour qu'il cesse d'être sous le contrôle des partis à l'Assemblée nationale et des intérêts privés.
- Dans le domaine de l'éducation, les enseignants sont les mieux placés pour définir ce que doit faire un gouvernement en éducation, comme le personnel infirmier est le mieux placé pour définir ce qui doit être fait en santé, etc. Ainsi, c'est au peuple à définir le mandat du gouvernement, pas aux partis et aux intérêts privés qui ont leur droit de parole illimité et ne sont pas contraints au statut de « tiers ». Les élus de nos jours représentent qui ? Il n'y a même pas de mécanisme pour les rendre redevables ou pour que leurs partis rendent des comptes qui soient rationnels, au lieu de la répétition de discours écrits par des grandes firmes de marketing. Parti d'un projet d'édification nationale où l’éducation est orientée pour éduquer la jeune génération, il n'y aura pas de bris de scolarisation! Le Québec est riche de l'expérience de près de 150000 personnes qui travaillent dans les écoles primaires, secondaires et dans la formation professionnelle. Il faut aussi que nos maisons d'éducation soient les plus modernes, sécuritaires et accueillantes de façon à mettre le facteur humain au premier plan. Nous disons que les conditions de travail des enseignants sont les conditions d'étude des élèves et des étudiants, et qu'il faut travailler au renouveau démocratique, car le gouvernement et ses partis élites de l'Assemblée nationale décident en notre nom. C'est d'un Québec moderne dont nous devons nous doter avec une éducation moderne pour que toute notre jeunesse puisse s'épanouir et contribuer à celui-ci. Poursuivons cette importante discussion !
Équipe autonomiste (7 septembre)
- Le parti Équipe Autonomiste reconnait qu’il y a une hausse de ces phénomènes. Pour pallier à la situation, il faudrait une aide financière directe aux familles. Certaines familles ont du mal à trouver les ressources nécessaires pour subvenir aux besoins de leur enfant. Cela part de la garderie, jusqu’au milieu scolaire. Des entreprises qui offrent du matériel spécialisé comme Brault et Bouthiller (il pourrait y en avoir d’autres) existent cependant il est possible que des parents n’aient pas nécessairement les moyens de se procurer ce matériel spécialisé. Il est important d’aider les parents et de leur donner confiance car l’état ne peut pas tout faire.
- Un de nos membres impliqués dans le parti Équipe Autonomiste M. Charles McNicoll, travaille en éducation spécialisée. Il est important les parents ayant des enfants à défi particulier ou avec un handicapés puissent avoir les outils pour être en mesure de faire développer le plein potentiel sinon il y a effectivement un risque de décrochage. Comme parti politique nous devons nous engager à aider les travailleurs dans le domaine à faire leur travail. Cela implique aussi de motiver les parents pour pousser le développement de leurs enfants. Valoriser la place de leurs enfants dans la société.
- Ce sont les intervenants de terrains qui pourraient faire le suivi. Le service d’éducation doit être présent. L’éducation est une priorité pour notre parti politique car elle responsabilise les citoyens du futur à être autonome. Pour cela nous encourageons les classes spécialisées avec du personnel formé pour la clientèle (professeurs, éducateurs spécialisés). Nous voulons que les étudiants/élèves apprennent des notions qui leurs serviront concrètement dans la vie de tous les jours.
Parti accès propriété et équité (1er septembre):
Nous faisons confiance aux données du MEQ et l'augmentation d'élèves en difficulté d'apprentissage en combinaison avec notre système d'éducation à trois vitesses renforce notre détermination de semer l'idée d'abolir les subventions aux écoles privées.
Il faut des informations approfondies sur les cas de scolarisation à temps partiel et créer un index d'absentéisme par classe et par école.
Impliquer davantage les parents dans l'éducation de leur enfant pourrait vouloir dire d'avoir une journée par année scolaire où un des parents peut assister en classe à une journée d'école avec son enfant.
Parti nul (2 septembre):
Nous ne sommes pas un parti politique au sens strict dans la mesure où nous rejetons explicitement le système parlementaire, ne croyons pas en la possibilité de réformer convenablement le système de l’intérieur, et ne visons pas à être nous-mêmes élu·es. Nous nous définissons plutôt comme un mouvement citoyen progressiste aspirant à une reprise du pouvoir politique passant par la mobilisation et l’organisation collective. [...]
Nous n'avons donc pas de plateforme, et ne prenons pas position sur des enjeux tels que celui que vous soulevez aujourd'hui même si nous reconnaissons que l'éducation est un droit fondamental.
Élection générale de 2022
Pendant la campagne électorale de 2022, le Comité pour le droit à la scolarisation avait aussi invité les principaux partis à faire connaître leurs engagements. Les réponses reçues sont accessibles sur cette page.
